L'Art en Marche

L'ART EN MARCHE : 9, AVENUE DU 8 MAI 1945 03120 LAPALISSE; Tél/Fax : 04.70.99.21.78; luis.marcel@art-en-marche.fr

27 janvier 2009

Luis Marcel - 3 avril 2004

Qu'est-ce qui pousse l'homme à vouloir tout étiqueter, cataloguer, à enfermer toute création dans une définition, un style, une expression artistique ?

L'exemple le plus frappant est celui de l'Art Brut. Dans les années 1900, les psychiatres européens commencent à s'intéresser aux expressions créatrices des malades mentaux.

En 1907, le Docteur Meunier, en France, publie "l'Art chez les fous", Morgen Thaler, en Suisse, passionné par la personnalité et la création étrange de Wolfi (le poète Rilke et des artistes allemands comme Paul Klee, en 1912, déclarent que l'Art des fous est à prendre profondément au sérieux.), Hanz Prinzhorn, à Heidelberg, collectionne les œuvres des malades dont il a la charge et publie, en 1922, "Expression de la folie".

Max Ersnt, qui a suivi des cours de psychologie, fait découvrir aux surréalistes la collection et l'ouvrage de Prinzhorn ; les surréalistes crient "ô génie", passionnés qu'ils sont par toutes les formes d'art libre ; ils sont séduits par l'imagination féconde des malades. A la même époque, Kandinski dénonce l'art académique et affirme ne pas s'intéresser à l'art des fous mais à "l'art spontané de personnes internées". Dans leur recherche, les surréalistes utiliseront hypnose, drogue, rêve, tous les moyens de lever la censure inconsciente provoquée par la culture occidentale. André Breton, ancien externe en psychologie, écrit : "Si les profondeurs de notre esprit recèlent d'étranges forces capables d'augmenter celles de la surface, ou de lutter victorieusement contre elles, il y a tout intérêt à les capter."

La fascination exercée par cette forme d'art libre sur les artistes, historiens, médecins, intellectuels, ... est telle qu'elle inquiète certains partis politiques. En 1937, les nazis organiseront l'exposition de "l'art dégénéré" : les dessins de fous de Prinzhorn côtoient les peintures modernes de Nolde, Chagall, Beckmann, Klee, ... et "il est évident que, pour les artistes représentés, l'ensemble de la réalité n'est qu'un vaste bordel." affirme le catalogue.

En 1945, Breton et Dubuffet créent la Compagnie de l'Art Brut et déposent le terme "Art Brut" comme on déposerait un brevet. A partir de ce moment-là, tous les organisateurs d'expositions vont commencer à chercher des étiquettes pour remplacer le terme appartenant au plus grand marchand de vin de l'Art Moderne, Jean Dubuffet. Il collectionnera lui aussi les œuvres de malades mentaux, les œuvres de bergers qui ne faisaient certainement pas de l'Art Brut mais de l'Art Populaire depuis la nuit des temps, et les œuvres de créateurs autodidactes - le plus célèbre étant Gaston Chaissac (en 1945, Chaissac s'insurge et dit : "Je fais de l'Art Moderne rustique !". En 1949, il dit : "Je passe pour faire de l'Art Brut mais je ne pense pas en faire !")

En fait, Jean Dubuffet, en créant le terme "art brut", crée un ghetto où il mélange art asilaire, art populaire, art naïf, "l'art de ceux qui osent" - les autodidactes, ...

Il faut que vous sachiez que l'oeuvre de Dubuffet - peintre -est empreinte de Dubuffet collectionneur.

Pour sortir de cet enfermement, j'ai dénombré plus de cent trente termes génériques, cent trente tiroirs pour classer l'inclassable ...

quand un seul mot suffisait : "LIBRE".

Luis Marcel

LuisMarcel

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ART BRUT

Des ouvrages exécutés par des personnes indemnes de toute culture artistique, dans lesquels donc, le mimétisme, contrairement à ce qui se passe chez les intellectuels, ait peu ou pas de part, de sorte que leurs auteurs y tirent tout (sujets, choix des matériaux mis en œuvre, moyens de transposition, rythmes, façons d'écriture, etc ...) de leur propre fonds et non pas des poncifs de l'art classique ou de l'art à la mode. Nous y assistons à l'opération artistique toute pure, brute, réinventée dans l'entier de toutes ses phases par son auteur, à partir seulement de ses propres impulsions, et non celles, constantes dans l'art culturel, du caméléon et du singe.

Des productions de toute espèce - dessins, peintures, broderies, figures modelées ou sculptées, etc ... - présentant un caractère spontané et inventifs, aussi peu que possible débitrices de l'art coutumier ou des poncifs culturels, et ayant pour auteurs des personnes obscures, étrangères aux milieux artistiques professionnels.

Œuvres ayant pour auteurs des personnes étrangères aux milieux intellectuels, le plus souvent indemnes de toute éducation artistique et chez qui l'invention s'exerce, de ce fait, qu'aucune incidence en vienne altérer la spontanéité.

Jean DUBUFFET, d'après le livre de Françoise MONNIN - "L'Art Brut" - Editions Scala/1997

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NEUVE INVENTION

"La notion d'art brut doit être regardée seulement comme un pôle. Il s'y agit de formes d'art moins tributaires que d'autres des conditionnements culturels ...", ainsi fut établi par Jean DUBUFFET le Catalogue de la Collection de l'art brut et qui ne retenait que les travaux vraiment significatifs, "en excluant un grand nombre d'oeuvres moins nettement caractérisées, ... dues à une centaine d'auteurs différents."

Le parti était pris de verser ces dernières oeuvres, plus éloignées du pôle de l'art brut, dans un fond distinct, provisoirement intitulé Collection annexe, avec le projet d'en établir un catalogue séparé, afin de prévenir toute confusion. Jean DUBUFFET s'est vivement intéressé à cette production inassimilable par le système, et il s'est mis à acquérir des travaux destinés cette fois délibérément à la Collection annexe - collection qui, dès lors, cessait de servir simplement à la relégation des cas inclassables et qui allait prendre une signification positive. Aussi bien, pour marquer cette valorisation, DUBUFFET a-t-il résolu, en 1982, de donner à cette collection le nom de Neuve Invention, désignant ainsi des oeuvres qui, sans procéder de la rupture mentale radicale des auteurs d'art brut proprement dits, étaient assez indépendantes du système des beaux-arts pour créer une sorte de porte-à-faux ou de contestation culturelle et institutionnelle.

La collection Neuve Invention a mis en évidence un malaise généralisé et a ouvert une brèche, si ténue soit-elle, dans le barrage institutionnel.

D'après le livre de Michel THEVOZ "Neuve Invention" - Collection de l'art brut

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Histoire de l'Art en Marche

"Seul l'Art rend les hommes libres"

Aristote

En 1982, Jean DUBUFFET choisit le terme de "Neuve Invention" pour désigner les œuvres "pas tout à fait brutes" de sa collection.

En 1981, je créai la Galerie des 4 Coins pour commercialiser tous les artistes dont personne ne voulait à l'époque. L'Art Brut et ses dérivés étaient encore enfermés dans un ghetto.

Donc, sans le vouloir et sans le savoir, je devenais la première Galerie "Neuve Invention". Depuis cette date, la Galerie des 4 Coins est devenue le point de rencontre de tous ces créateurs.

Il fallait une association pour les réunir. Ce fut fait en 1988, par la création de "l'Art en Marche".

Il faillait un lieu pour les montrer au public (la collection "Neuve Invention" n'est pas exposées en permanence au Musée de l'Art Brut de Lausanne, elle sort ponctuellement lors d'expositions temporaires à travers le monde.), le premier site fut celui de Lapalisse  dans l'Allier, le second celui de Hauterives dans la Drôme ... Ce qui fait de ce lieu le premier Musée d'exposition permanente "Neuve Invention" dans le monde.

L'Association l'ART EN MARCHE a ouvert, le 30 juin 2000, le premier Musée permanent "NEUVE INVENTION" européen, à Hauterives (Drôme), à 300m du Palais Idéal du Facteur Cheval.

Cette collection présente plus de 300 œuvres (peintures, sculptures, machines) des principaux créateurs français et étrangers les plus célèbres de cette mouvance "NEUVE INVENTION". La moyenne d'âge de nos artistes est de 70 ans, avec autant de femmes que d'hommes - les femmes sont souvent sous-représentées dans les collections d'Art Contemporain.

La vocation du Musée de l'ART EN MARCHE de Hauterives est avant tout pédagogique. En réponse au Palais Idéal du Facteur Cheval les curieux complèteront ici leurs connaissances de cette forme d'Art encore bien trop souvent marginalisée.

Luis MARCEL

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Musée de Lapalisse

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